Fantastique de Christophe Maignan : " Chroniques Rénochiennes "

[Chronique SP #27] – CHRONIQUES RENOCHIENNES – Christophe Maignan

Fantastique de Christophe Maignan : " Chroniques Rénochiennes "

Auteur : Christophe Maignan

Genre : Recueil De Nouvelles Fantastiques

Editions : Auto-Editions 

Année De Parution : 2023

Pages : 347

Prix : 17,99 €

Je suis honteuse de vous présenter cette chronique aussi tardivement, mais le temps a joué contre moi, ces derniers mois. Je tiens donc, avant tout, à m’excuser auprès de Christophe Maignan et de ses fans pour cette longue attente !

Je suis, néanmoins, contente qu’il m’ait proposé ce service presse et surtout, je le remercie pour sa grande patience et compréhension. Vous pouvez retrouver ce recueil sur Amazon.

QU’EST-CE QUE ÇA DIT ?

Fantastique de Christophe Maignan : " Chroniques Rénochiennes "

DESCRIPTION DU MATOS

J’ai eu le bonheur de tenir un SP broché, bien emballé dans son petit carton, protégé des chocs.

La première et la quatrième de couverture sont sombres, noires, classiques. Tandis que l’une arbore seulement une illustration qui est, somme toute, en adéquation avec le lieu commun des histoires, le titre en haut et le nom de l’auteur en bas, l’autre divulgue, également, l’essentiel, tels que le résumé, une petite biographie, ainsi que le code barre. Au cas où certains ne le sauraient toujours pas, Christophe rappelle, par deux fois, que le matériel est protégé ! C’est tellement énervant de s’apercevoir que des gens volent de photos à des fins peu scrupuleuses, en plus.

L’illustration est très sombre et leaisse peu de place à l’interprétation détaillée, ce qui est dommage. Le choix de la couleur pourpre me paraît sensé, qui donne une impression sanguinolente et terrifiante. Cela me semble légèrement fort, comme symbole, compte tenu de l’atmosphère proposé dans chaque nouvelle. Cependant, les nuances légères, du rouge au gris, que l’on distingue sobrement, de haut en bas, entretiennent le style. Le thème nous plonge directement dans le vif du sujet, puisque la silhouette pénètre dans ce qui semble une ville inquiétante et mystérieuse. C’est bien là le propos. Je perçois aussi, comme une mise en garde; dès que l’on ouvrira le recueil.

Le résumé tient presque ses promesses, car finalement, ce n’est qu’une connaissance de la ville de Rénocha à travers des faits divers, dont les deux hommes ne risquent pas grand-chose à l’approfondir.

Avant de parcourir la cité aux mille facettes, l’on peut lire une dédicace simple en quatre mots qui nous est destinée. Je ne suis pas sure qu’  » aéronaute  » soit adéquat, mais la phrase me plaît, dans le fond.

Après les mentions légales, on pourra lire un  » extrait de la préface à Eurêka, d’Edgar Allan Poe « , un auteur que j’affectionne énormément. C’est dommage de ne pas en avoir créé un propre, quitte à s’inspirer de ce dernier. Néanmoins, bien que pour Poe, c’est déjà lourd de sens quand on connait ses écrits, mais Maignan en rajoute, alors, d’autres qui confirment les multiples questions qui se posent, à mesure de notre lecture. Du coup, la courte dédicace précédente prend son sens.

Avant d’embarquer dans la navette spirituelle, l’avant-propos pose les bases de ce qui va suivre. Ici, le mélange entre la réalité et le fantastique se constate dès la première phrase.

Après une longue conclusion qui se prête au thème de la confusion, l’on trouve une annexe mal placée. La page qui l’annonce devrait, selon moi, être décalée après l’ultime nouvelle qui n’est pas tout à fait intégrale, d’ailleurs. Une table des matières, un avertissement et l’annexe de ses précédents ouvrages trouvent leur place à la suite

PASSAGE INSPIRANT

Fantastique de Christophe Maignan : " Chroniques Rénochiennes "

J’ai toujours rêvé de pouvoir inventer et chanter une berceuse à un enfant.

Après plusieurs lectures, on s’aperçoit très bien qu’il existe une double lecture. Je suis donc curieuse de connaître votre sentiment là-dessus, avant de lire la nouvelle dans laquelle elle est tirée.

MON AVIS

Rêveriez-vous de franchir les frontières d’une ville antique qui évolue au grès des siècles, mais qui renferme, cependant, des histoires qui permettraient de la connaître ?

Néanmoins, si l’on vous conseillait de ne pas vous aventurer en son cœur, de ne pas en résoudre ses mystères, à moins d’en perdre l’esprit, écouteriez-vous ?

Nous disons que la curiosité est un vilain défaut, une affirmation subjective qui peut peu faire du bien ou du mal.

Ne posez pas de questions, dont vous ne voudriez pas en connaître la réponse, sauf si…

  • Couvertures sobres
  • Illustration adéquate
  • Nouvelles, à la fois, surprenantes et simples
  • Dialogues épilogues enrichissants
  • Vocabulaire assez riche
  • Style assez soutenu
  • Ponctuation mal utilisée
  • Temps mal employés
  • Phrases mal déterminées ou non verbales
  • Erreur de typographie
  • Erreur de mise en forme et en page
BERCEUSE

Nathalie a des ambitions typiquement femme que tout homme rêverait d’épouser. Elle souhaite avoir une bonne vie, mais surtout, être mère. ce n’est que lorsque ce rêve se réalise enfin, que la vie de cette mère dévouée tourne au cauchemar.

=> Tout tourne autour d’une berceuse qui laisse perplexe quant à son caractère psychologique. En effet, bien manipulée dans l’histoire et décryptée pour lui en donner un sens quant aux événements, celle-ci semble écrite pour détourner l’attention du lecteur et plonger dans l’acte, dans une dimension fantastique. Le narrateur plus terre à terre est un journaliste-écrivain, ce qu’il fait qu’il ne donne pas son opinion là-dessus et c’est, peut-être, ce qu’il manque, finalement. Cette nouvelle raconte surtout le calvaire et la douleur que subit une maman quand sa chair et son sang viennent à disparaître. Elle démontre, également, sont combat contre les insidieux qui s’immiscent dans la vie privée des gens et les hypocrites qui affabulent sur des choses qu’ils ne connaissent pas ou ne les regardent pas, tout ça parce qu’ils ne comprennent pas. La morale que j’en ressens, c’est de ne pas rester seul face au deuil, en l’occurrence, quand surtout on nous tend sincèrement la main. Facile à dire…

LA PORTE

Arthur est retraité, dont l’apparence physique et les préjugés aux yeux des autres ont toujours dicté son existence. Quand vient l’heure de céder sa place et donc de perdre le contrôle sur sa vie professionnelle et son train de vie, du moins, il en profite pour parfaire sa condition physique. Néanmoins, quand le mystère de la superficialité lui donne une leçon, ce n’est pas de bon augure.

=> Ici, les apparences sont trompeuses. C’est un combat entre l’homme et le nature, entre la superficialité et la naturel. Je vois cette histoire, comme une leçon donnée à cet homme, mais aussi à nous, lecteurs, qui montre que l’on peut facilement se laisser avaler par nos peurs et nos angoisses, mais aussi par notre attitude trop arrogante face aux autres. Son apparence physique impeccable renferme de la noirceur que même sa propre inconscience exprimée par la souche d’arbre ne veut pas. Est-ce l’orgueil ou uniquement du narcissisme ?

ERRANCE

Poésie qui met en valeur l’âme de Rénocha.

=> Une ode à la ville elle-même, qui tend à démontrer qu’elle est l’entité à part entière, voulant s’exprimer afin de rendre justice, donner des leçons ou les révéler aux habitants, mais aussi à nous même, à travers les nouvelles moralisatrices.

LE BRUIT DU SILENCE

Damien semblait comblé par sa vie de famille, jusqu’à ce que la faucheuse lui arrache la seule chose qui lui permet d’être heureux.

=> Encore une fois, le deuil frappe ce jeune homme en période de Noël, fête qui rend pas toujours heureux les adultes, mais fait le bonheur des enfants. C’est précisément ce point qui, paradoxalement, le rend malheureux. Comment nous sentons-nous quand on perd un être aimé ?Comment nous sentons-nous quand on en perd plusieurs en même temps ? Il tentera de cohabiter avec ses démons plus familiers qu’il n’y paraît. Cette histoire montre aussi que nous sommes capables d’être là pour l’endeuillé, d’oublier les vielles rancœurs, mais aussi d’ouvrir à nouveau les plaies, une fois un laps de temps.

LE RÊVE DE LEANDRE

Léandre est une jeune fille douce et rêveuse. Enfant unique, elle habite avec ses parents dans un coin reculé de la forêt. Au loin, elle s’imagine découvrir ce que peut bien cacher les lumières de la ville illuminée, chaque soir. Les contes et légendes disent que c’est pour donner de l’espoir aux gens qui recherchent du réconfort et un endroit sûr. Est-ce réellement le cas ?

=> Est-ce la métaphore de la luciole qui est attirée par une ampoule allumée ? Je dirais que la morale de ce conte semble de toujours croire en ses rêves, car s’ils se réalisent, ils nous donneront bien au delà de nos espérances, au risque de se brûler les ailes au passage. Cependant, il existe toujours un prix à payer, celui de l’âme, de l’argent ou du sacrifice.

RENOCHA, GENEALOGIE DE L’ANORMAL

Compte rendu lors d’une conférence d’été sur l’anatomie d’une ville, celle de Rénocha.

=> Il s’agit d’une conférence d’été sur l’anatomie d’une ville, sans en préciser de quel type de professeur est Lamarque. Mais l’on décortique précisément la ville de Rénocha et ses origines. J’ai trouvé cela particulièrement intéressant, sachant qu’en plus, j’ai retrouvé un ou deux éléments que j’utilise, moi-même, dans mon roman : une sorte de connexion… Ne cherchez pas plus loin. C’est assez bien construit dans une chronologie linéaire, ce qui permet de comprendre le mystère de cette ville très atypique. Cela lui confère beaucoup de mysticisme.

UNE LETTRE

Une homme, dont le passe-temps est de se la jouer Sherlock Holmes, décide d’enquêter sur un sans-abri disparut mystérieusement, comme ses prédécesseurs. Quand il trouve enfin une piste prometteuse, le cauchemar débute dans les ténèbres de son imagination ou dans une vraie prison. Qui sait ?

=> Anonyme bizarre et de prime abord sans nouveauté, l’on pourrait croire que l’auteur manque d’imagination et c’est exactement ce que le dialogue de fin fait remarquer. Paradoxalement, cela m’a réconforté sur mon intellect. Est-ce une part d’autodérision de l’auteur, un fond de confession ou une manipulation sournoise ? Peut-être est-ce tout ça à la fois ? L’on retrouve donc quelques bribes d’histoires passées sur un fond de  » Shining « , plus soft, si l’on peut dire ainsi. Mais l’impression d’une morale se fige : ne jamais entrer dans un endroit que vous ne connaissez pas, surtout s’il est abandonné.

UN MONSTRE AU FRAIS

Une femme, parmi tant d’autres, se retrouve confrontée à un mal-être médical. Parce qu’elle refuse l’inévitable, elle décide de s’orienter vers un domaine qu’elle ne croyait pas jusqu’alors. Ce qu’on lui propose de réaliser, va s’avérer positif, mais à quel prix ?

=> La ville attire les émotions négatives les plus chargées en sentiments sombres. Peut-être que c’est l’inverse. Qui est le vecteur, celui qui renferme les ténèbres ou celui qui les recherche, celui qui vit que pour celle ou celui qui cherche à tout prix à s’en débarrasser ? Nourrir la bête pour mieux vivre avec elle, n’est-ce pas là, au contraire, l’assurance que jamais elle ne s’en ira, finalement ? Le seul point positif, dans cette histoire, c’est le changement de contenant. Néanmoins, je dénote une incohérence, car elle n’a pas enlevé toute la  » bête « . Il reste une part d’elle qui peut se nourrir, regrossir et poursuivre son chemin. C’est scientifiquement ce qu’il se passe. Il manque, alors, soit une part réellement magique, soit un lien mystique, une explication dite réaliste qui prouverait la rémission du mal à l’extérieur, tandis qu’une part de lui-même se trouve ailleurs.

DISPARUS

Que ne ferions-nous pas pour assouvir un rêve, même futile, comme devenir maire d’une ville ? Et si la réalisation d’un rêve réveille un mystère dangereux qu’aucune histoire ne devrait réveiller ? Une sorte d’épidémie a frappé sur Rénocha, qui a enlevé tous ses habitants. Comment est-ce arrivé ?

=> Jusqu’ici, les dates des nouvelles correspondaient au passé de la ville, qui nous aidaient à comprendre son mystère, son caractère et sa personnalité. Mais dans celle-ci, alors que le titre montre 2023, l’histoire se passe dans un futur proche. Comment est-ce possible ? L’interview épilogue ne donne aucune réponse. Je crois donc ce que c’est qu’une histoire, qu’un auteur rénochien a écrite dans un contexte futuriste, comme une sorte de mise en abyme. Hormis cela, je pense que cette nouvelle est plus profonde que les précédentes, peut-être parce qu’elle est beaucoup plus longue. Mais elle tente de nous faire comprendre la psychologie de la pensée, des rêves et des souhaits. Ce qui est bizarre, c’est que la veille, j’ai écrit un essai qui traite un peu de cela, dans mes études de littérature. J’aime ce genre de connexion…

LA CHUTE / SANS VERTIGE

Les narrateurs couchent sur un papier, chacun de leur côté, leurs ressentiments à propos de leur entretien de plusieurs jours. Néanmoins, ils découvriront que rien n’est dû au hasard.

=> Une espèce de conclusion, un besoin de coucher sur papier les émotions qui ont émergé par mégarde de cet entretien de plusieurs jours qui consiste à découvrir l’histoire secrète de Rénochia, celle qui se cache derrière les événements étalés sur plusieurs années (siècles ?). Une pointe d’émotion surgit alors, comme si la fatalité était sur la point de s’abattre sur ces deux hommes. L’un semble triste, l’autre, un peu excité. Mais le point commun est la frustration de ces derniers jours. Le dialogue, à la fin de  » Sans Vertige « , l’explique bien, notamment celle de ne jamais pouvoir trouver de véritables réponses sur cette ville. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Comment exploit-elle son énergie mystique sur l’esprit de ses habitants ? Tant de questions parmi des milliers qui, malgré tout, ne parviendront jamais à en capter la véritable essence des entrailles de Rénocha.

POUR CONCLURE

  • Les +
    • Histoires intéressantes
    • Couvertures simples, mais efficaces
    • L’interview entre les deux narrateurs, en tant que fil rouge
    • Procédé pour traiter le sujet
  • Les –
    • Mise en page et en forme
    • Typographie
    • Conjugaison
    • Syntaxe

=> Tout d’abord, alors qu’au début, je pensais à une intrusion de l’auteur dans les histoires, c’est, en fait, qu’un narrateur, journaliste qui fait des recherches sur le sujet homonyme. Christophe Maignan démontre qu’écrire n’est pas simplement de placer des mots les uns à la suite des autres pour créer une histoire. Des recherches doivent être effectuées et ici, il s’agit d’un bibliothécaire qui connait Rénocha, comme sa poche, ses rues, ses habitants, mais aussi ses secrets les plus terrifiants et fantastiquement simples, finalement. Peut-être est-ce sont alter ego ! Les nouvelles sont légères, parce qu’elles s’imbriquent dans une réalité, d’où le genre. On peut y voir de la magie, également, trouver des explications rationnelles, comme des élucubrations de l’esprit. Cela existe et elles s’encrent dans ce recueil. Le journaliste entreprend donc d’écouter les événements qui se sont déroulés à cet endroit mystérieux, qui sont, en fait, des faits divers. Néanmoins, il veut en apprendre plus, tant à cause de sa curiosité, parfois malsaine, que par une déformation professionnelle, qui, de toute façon, permet de découvrir l’endroit dans ses tréfonds abyssaux. Les dialogues épilogues de chaque nouvelle donnent toujours de légères indications, quant au fond des histoires qui les précèdent. Ce n’est pas toujours évident de les découvrir, mais c’est un vrai recueil de nouvelles, comme un coffre-fort qui veut garder l’âme de Rénocha, tel un  » précieux  » qu’il nous offre, cependant, à ne pas oublier que c’est à nos risques et périls. Dommage qu’il y ait quelques maladresses, parce que le procédé utilisé pour en apprendre plus sur un lieu, de prime abord, classique, qui cache, finalement, de bien mystérieux secrets, est très bien trouvé et même articulé. Cela change que de simplement raconter une histoire.

Note Sur 6 :

INFORMATIONS SUR L’AUTEUR

Christophe Maignan réalise son rêve de devenir écrivain, après un cursus universitaire en psychologie et une carrière professionnelle dans le domaine social. Ecrire est, pour lui, une vocation, une part importante dans sa vie, dans laquelle il se plonge, dorénavant, à plein temps. Il est, également, un auteur membre du Projet Campus

Dans ses deux premiers romans,  » Les Larmes Du Styx  » et  » Le Rêveur « , Maignan développe son amour pour le genre Fantastique qu’il considère, comme  » une terre de tous les possibles « .

Où Le contacter Et Le Suivre :

Ses Autres Romans :

Fantastique de Christophe Maignan : " Chroniques Rénochiennes "

Les Larmes Des Styx : Achat

Fantastique de Christophe Maignan : " Chroniques Rénochiennes "

Le Rêveur : Achat

Alors, prêts à arpenter les méandres de l’inconscient de Rénocha ?

À Bientôt pour une nouvelle chronique fantastique !


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