
Auteur : Pierre MONTLAUR
Genre : Fiction Historique
Editions : France Loisir (pour mon éditions)
Année De Parution : 1984
Pages : 350
Prix : au alentour de 20 €
J’ai volé ce vieux livre qui appartenait à ma mère également (comme celui de ma lecture précédente). Plaisanterie à part, je ne connais pas le prix de mon édition, car pas inscrit sur l’objet. Aucun d’Albin Michel ou de France Loisirs le cache dans son stock, alors choisissez votre désir ici.
QU’EST-CE QUE ÇA DIT ?

DESCRIPTION DU MATOS
Ma version reliée possède une couverture (esquintée, certes, vous savez ce que c’est : déménagement, gens qui ne prennent pas soin de leurs affaires…) qui montre un joli paysage. En arrière-plan domine la première pyramide de l’Egypte Ancienne, soulignant l’horizon baigné d’un coucher de soleil, le tout débordé par le Nil où flotte un petit bateau. Le ciel demeure clair, il semble faire chaud et rien ne laisse présager une histoire sans rebondissements : une apparence.
À l’intérieur se trouvent quelques feuillets pour rien, avant et après la narration. Nous commençons — outre les mentions légales — avec une micro dédicace qui précède une carte et une légende de l’Egypte Ancienne, afin de ne pas se perdre dans les noms antiques. Le récit se décline en quatre parties, elles-mêmes divisées en plusieurs chapitres. Les segments comportent un titre surmonté d’un hiéroglyphe qui lui correspond. À la fin, nous lirons un épilogue de plusieurs lignes résumant le futur du personnage et de son plus grand succès, puis une table des matières et d’autres mentions légales. Sur le premier revers de la jacket est inscrit un condensé de ce qu’adviendra du héros une légende, tandis que le second nous détaille très brièvement la biographie de Pierre Montlaur.
La quatrième de couverture demeure simple, avec uniquement un avis objectif sur fond blanc, de l’auteure Michelle Gautheyrou, dans Le Figaro.
PASSAGE INSPIRANT

J’ai choisi ce passage qui s’introduit au début de la seconde partie, parce qu’il représente un tournant important dans le récit. Le prince Djoser, fils cadet du puissant pharaon Khasekhem, prend officiellement le trône après la mort de son père bien-aimé. Contrairement à son frère ainé, il réalisera le plus grand exploit de garder l’unification de la Haute et de la Basse-Egypte, fidèle souhait du Roi défunt. La réunion du Double Pays ne représente pas exclusivement une seule et même nation dirigée par un pharaon, mais un royaume durable et une vie paisible, sous les yeux de l’unique Dieu Rê. La religion demeure sacrée pour le peuple égyptien, sans compter vouloir obtenir une paix infinie et divine. Alors tout se demande et se réalise en provenance directe et sans escale du plus haut des Cieux. Néanmoins, le chemin rencontrera une longueur semée d’embûches et reposera sur les épaules frêles et gentillettes de Djoser. Ce moment peut paraître prétentieux de la part de ce dernier, ce qui dénature sa vraie personnalité. À ce stade précis, il passe de l’enfance à l’adolescence, avec un esprit ouvert, de la droiture et de l’honnêteté, caractéristiques d’un adulte responsable, une ascension fulgurante, non sans surprises et avec une force incommensurable.
MON AVIS
Avant Toutankhamon, Néfertiti ou même Cléopâtre, il existait de nombreuses dynasties où la révolution médicinale et architecturale débutait à peine. Il y a deux personnages, deux histoires, mais une seule demeure plus importante que l’autre, celle d’Imhotep, le médecin de Chmounou. Au fil des pages, il gravit des échelons, tout en restant humble et honnête envers ses fidèles et ses principes moraux. Il lui manquait deux doigts pour devenir lui-même pharaon, mais il termine sa vie en tant que prêtre du Dieu Rê, serviteur du souverain Djoser. Entre son premier et dernier métier, il entreprend une montagne de projets plus farfelus les uns que les autres. Croyez-vous ? Non, parce que le Roi lui laisse carte blanche, ce qui lui permet d’acquérir de multiples talents qui le rendra célèbre dans le Double Pays. Il maintien, grâce à cela, l’harmonie et la paix en Egypte, aux côtés et sous les ordres de Khasekhem d’abord, puis de son fils Djoser. Le succès fou demeure le changement de décor de la vallée des morts que jamais le récit ne mentionnera, mais dont votre esprit aura directement l’idée qui trottinera ! Devinez lequel ? N’imaginez pas un seul instant que cette histoire restera calme et paisible comme le Nil hors de ses moments de crues !
- Une histoire fictive intéressante, sans ennuis
- Un vocabulaire riche, correspondant à la dynastie en place
- Une connaissance accrue des temps anciens d’Egypte
- Un style franc (dialogue), lyrique (description) et incisif (intrigue, rebondissement et suspens)
- Ces derniers restent surprenants, mais quelques fois faciles à deviner et à conclure
- Une lecture fluide
- Quelques erreurs de ponctuation
- Remaniement des paragraphes à revoir
- Une mise en forme à corriger (manque d’une tabulation au début de chaque chapitre, d’aération entre les dialogues et les paragraphes)
- De trop gros bonds dans le temps qui nous perdent souvent
=> Bien que cette Fiction Historique reste de la même trempe que ma précédente lecture, puisqu’elle se situe encore dans l’ancienne Egypte, elles demeurent séparées de plusieurs générations. Alors que l’une parlait du règne de Néfertiti et d’Aménophis (XVIIIe dynastie), ici, nous réalisons un bon en arrière pour atterrir à la IIe. Il ne sera pas question de narrer essentiellement sur une souveraineté, mais de la gloire d’un humble homme qui s’adonne à la médecine avec ferveur et passion. Le fil rouge espère maintenir un royaume en paix et toujours unifié par un seul roi gouvernant la Haute et la Basse-Egypte, mais avec l’aide d’une autre paire de mains. Après la mort du pharaon en place et de sa reine, à quelques jours d’intervalle, c’est là que l’aventure débute réellement. Mais cette ligne de sang (au sens propre comme au figuré) se déroule et se tend, non pas par le nouveau pharaon, mais bien de son bras droit aux multiples compétences : Imhotep. L’on comprend, au détour des pages, pourquoi il sera appelé et considéré comme un mage. Evidemment, Djoser, le récent Roi à la double couronne, ne restera pas en arrière. Il brillera cependant par son absence durant pas mal de mois, pour une raison bien précise qui bouleversera le royaume du Nord et du Sud. Le trône tant convoité depuis Khasekhem croisera plusieurs popotins en très peu de saison et pourquoi ? Depuis l’aube des temps, la trahison, les complots et les combats pour atteindre un but officiel au prix de l’hémoglobine qui tapisse les murs, les sols et les eaux existent et demeurent jusqu’à notre ère. Vous imaginez bien que dans cette histoire, il ne sera pas question de joyeux lutins qui réaliseront les rêves d’enfants déjà bien pourris gâtés ! Vous êtes déçus ? J’en suis désolée. Mais les quelques trois cents pages et des poussières relateront l’ascension au succès d’un petit Imhotep, au prix de chagrins, de tristesses, de trahisons, de guerres civiles et de meurtres. Au milieu de ce vacarme, sans forcement volontaire de sa part, il réalisera, avec l’aide de Rê et de sa vaste intelligence, tous les souhaits de grandeur du pharaon, pour le principal. À lire, comme cela, on pourrait croire que ce gouverneur du Double Pays détient des idées inimaginables, trop pesantes pour le médecin de Chmounou. En vérité, Imhotep et Djoser se complèteront et évolueront ensemble, chacun dans leurs domaines, dans leur vie dans laquelle, en fin de compte, ils rêveraient de vivre simplement et à l’abri d’une foule en délire. Vous avez dit » foule en délire » ? Non, je voulais parler d’un peuple superstitieux, affamé, terrorisé, manipulable et naïf. Pendant que Djoser essaye d’être un bon pharaon, respectueux de la religion et de ses citoyens, puis qu’Imhotep réalise son souhait d’architecte, sans arrêter son vrai métier de médecin révolutionnaire, le Nil fait des siennes, un roi déchu refait surface, un fou du désert manipule la population et le sang coule à flots. J’aime les longues phrases, vous l’avez remarqué, n’est-ce pas ? Je me soigne, je vous promets. Néanmoins, je n’ai que d’autre choix que de vous révéler un grand secret : la star du livre ressemble à un monument à quatre côtés, en pierre, immense, tentant de rejoindre les cieux auprès des Dieux. Il sera construit tout le long du roman, subtilement, comme un océan qui s’échappe dans une rivière inconnue, mais bientôt superstar. En dehors de tous ces rebondissements assez légers, de ses suspens presque surprenants et des intrigues maintenues d’une main de fer, l’auteur réussit très bien le développement de ses personnages dans un bric-à brac bien ficelé. Le tout donne naissance à une histoire intéressante, tout de même sans s’ennuyer, même si les bonds dans le temps me déroutent souvent. C’est ce qui me chagrine le plus, hormis les quelques erreurs mentionnées dans la liste. Le charme du livre reste le mélange de style à la fois tranchant, concis et poétique selon les circonstances et quand on détient de nombreuses informations à romancer, ce n’est pas une mince à faire. L’auteur aborde des thèmes douloureux, comme le deuil d’un enfant ou d’un premier amour. Il traite également de l’amitié et de la fidélité, non pas seulement dans une relation intime, mais de façon générale, entre deux personnes qui se respectent, peu importe leur rang social. Cela représente le comportement central pour mener tout un pays à sa gloire ou uniquement une relation qu’elle quelle soit, sur le meilleur chemin. Il parle aussi de la confiance et de la traitrise, même au sein d’une famille, ce qui peut conduire à des choix difficiles et amener à détruire une échelle robuste qu’on a mis du temps à construire. Comprenez-vous la métaphore ? Non ? Tant pis pour vous! Le premier amour d’Imhotep, la médecine, sa maîtresse, l’architecture et son harem, la prêtrise, la stratégie, la pêche et j’en passe… Qui, parmi vous, possède autant de couvre-chefs sur son mur ? Moi, j’en possède presque une dizaine, haha.

Mais rares sont les personnes à cette époque qui acquièrent autant de capacités qui mériteraient chacun un diplôme en or, puisqu’elles ont révolutionné le pays, tout ceci avec simplement un seul héros qui gardera la tête froide et l’esprit serein. » Impossible « , me diriez-vous ? Lisez-le et vous verrez que naître, grandir, acquérir de multiple talents et briller en société sans pour autant devenir odieux, arrogant et rabaisser son prochain demeure réalisable. C’est la leçon du jour !
POUR CONCLURE
- Les +
- Histoire intéressante
- Aucun ennui à l’horizon
- Vocabulaire riche et de circonstance
- Connaissance de l’ère antique d’Egypte, sans fausses notes
- Mélange de styles pour chaque situation, utilisé presque à la perfection
- Les –
- Quelques erreurs de ponctuation…
- … de mise en forme
- Remaniement des paragraphes à revoir
- Bonds dans le temps trop larges
- Les =
- Récit bourré de rebondissements, de suspens et d’intrigues, même si parfois ils manquent un peu de complication, sans pour autant dénués de surprises
=> Finalement, la personnalité simple du héros principal, comme une « force tranquille « , rend l’histoire plus intéressante encore. C’est une bulle qui maintien l’harmonie dans ce rubik’s cube aux multiples aventures, sachant que la solitude pointe souvent le bout de son nez, mais combattu par ses nombreuses activités. Peut-être le surmonte-t-il justement en réalisant plein de choses. Je me suis retrouvée en lui, mais aussi à son pharaon où je me disais que notre président devrait s’inspirer *pas taper*. Ne vous fiez donc pas à l’apparence nunuche de cette aventure, elle est bien plus compliquée qu’elle n’y paraît.
Note sur 6 :




INFORMATIONS SUR L’AUTEUR
Il est né dans l’Aude en 1927 et mort en 1988 dans l’Haute-Garenne. Avant de devenir auteur renommé et spécialisé dans la Fiction Historique égyptienne, il demeurait vétérinaire avicole. Sa passion pour l’Egypte Antique l’amena à voyager plusieurs fois dans le pays, à entreprendre des études sur les hiéroglyphes, à dévorer des tonnes de bouquins sur l’Antiquité et à récolter de nombreuses informations pour écrire ses romans. Il aborde l’Ancien Empire avec Imhotep, puis la Première Période Intermédiaire avec Nitocris et enfin le Moyen Empire avec Iosseph, son dernier né qui sortira après sa mort. L’idée de narrer des histoires sur des personnages moins connus lui vient quand il s’aperçut que la littérature s’acharne sur les plus cultes, tels que Cléopâtre, Ramsès ou Toutankhamon.
Ses Autres Romans :

Nitocris, La Dame De Memphis = Achat

Iosseph, Le Juif Du Nil = Achat
Alors, prêts à réaliser des exploits, à trouver la vie éternelle, à construire un édifice divin ou a révolutionner la médecine, tout en menant une existence riche en émotion… ?
À bientôt pour une nouvelle chronique pyramidale !



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